Dissolution de l’assemblée nationale: Amadou Damaro met fin au débat (Interview)

Dans une interview exclusive qu’il a accordée à notre confrère mosaiqueguinee.com, le président de l’assemblée nationale est revenu, entre autres, sur la polémique liée à la dissolution de l’assemblée nationale. Extrait….

Monsieur le président, il y a aujourd’hui un débat portant sur la dissolution de l’assemblée nationale. Qu’est-ce que vous en pensez ? A-t-il lieu d’être?

Le débat sur la dissolution ou pas de l’Assemblée nationale se passe en dehors de ceux qui doivent en débattre. Comme j’ai dit ailleurs, si la dissolution de l’Assemblée nationale était le prix pour la paix en Guinée, je n’aurais pas d’objection.

Mais, la question qu’on doit se poser exactement, c’est : est-ce que c’est l’absence de cette opposition à l’Assemblée qui est la source de la crise actuelle ? Je dirais Non !

Quand cette opposition radicale était à l’Assemblée, est-ce qu’on avait la paix en Guinée ? Je dis Non !

Au contraire, cette opposition a été représentée comme aucune ne l’a été en Afrique.

Lors de la 8ème législature, nous avons passé 6 ans dans des injures, dans des invectives, ça n’a absolument pas aplani la crise en Guinée.

Troisièmement, ce n’est pas la revendication actuelle de l’opposition. L’Assemblée n’est pas la source de la crise. Ils (les opposants) ont été à l’Assemblée, la crise n’a fait qu’augmenter.

Pour la dissolution de l’Assemblée, il y a bien des conditions prévues par la loi. Nous n’en sommes pas encore à ce niveau. Pour moi, à la limite, c’est un faux débat. C’est un débat mené par certains juste pour qu’ils existent. Quant à nous, nous continuerons de travailler. Nous sommes très satisfaits du travail qui est en cours actuellement à l’Assemblée nationale.

Alors si la dissolution du parlement était une demande du président de la république, quelle serait la réponse d’Amadou Damaro Camara?

Le président de la République a le droit de dissoudre constitutionnellement l’Assemblée nationale. Mais ce n’est pas avec le bon vouloir du président de l’Assemblée ou celui du président de la République. Ça obéit à certaines conditions constitutionnelles qu’il n’est pas prêt à violer.

Au lendemain de la présidentielle du 18 octobre 2020, Cellou Dalein s’est autoproclamé vainqueur de cette élection. Qu’est-ce que cela vous a inspiré?

C’est ce que j’appellerai le syndrome Trump qui existe aujourd’hui. Je me proclame vainqueur. C’est Jean Ping, c’est Cellou et il y a même un qui est au Burkina, qui se proclamerait parce qu’il croit qu’il va être le vainqueur. Je crois qu’on rentre dans un autre cycle de contestation. Mais pour le cas de la Guinée, on a eu trois élections présidentielles, les partis n’ont jamais félicité le gagnant. En 2010, c’étaient les militaires qui avaient spolié sa victoire, en 2015, c’est celui de dire qu’on avait des réserves de voix dans le fichier et en 2020, sur son propre logiciel, c’est lui le gagnant. Je crois que chacun doit se dépasser et qu’il sache qu’il peut servir son pays sans être président. Si on se mettait dans cette logique, il y a de la place pour tout le monde pour servir le pays.

On connait vos relations fraternelles et amicales avec Cellou Dalein. Quel est le message que vous lui transmettez ?

Je crois que mon ami Cellou Dalein est pris en étau. On a trop investi en lui en termes d’argent, en termes de vies humaines pour qu’il ne soit pas là où on l’a fait croire qu’il peut-être. Il est dans une situation difficile, mais je crois qu’avec sérénité, l’intérêt de la Guinée est supérieur à ce groupe d’intérêt.

Mon appel, c’est qu’il a sa place dans le développent de la Guinée. Il doit mettre l’intérêt de la nation au-dessus de ses ambitions personnelles. Mais, ce en quoi je crois, c’est le respect des institutions, le respect des lois. Si nous commençons par dissoudre nos institutions par des accords politiques, on pourra réclamer des élections anticipées du président de la République aussi, parce qu’un groupe n’est pas content. Et, c’est ce qu’il faut éviter dans la construction d’une nation.

Lisez l’intégralité de l’interview ici…

Gbassikolo.com

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Comolam
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Comolam

Mr Damaro dit vrai  » Je crois que mon ami Cellou Dalein est pris en étau. On a trop investi en lui en termes d’argent, en termes de vies humaines pour qu’il ne soit pas là où on l’a fait croire qu’il peut-être Président de la République. Il est dans une situation difficile, mais je crois qu’avec sérénité, l’intérêt de la Guinée est supérieur à ce groupe d’intérêt mafieux »