Opinion // Les extrêmes tressaillements d’un Régime décadent (par A. Guilao)

Conduire les destinées d’une nation est non seulement une science mais aussi et surtout un art. On ne gouverne pas par à-coups en naviguant à vue par le biais de passéisme et de sujétion ethno-régionaliste. Au stade ultime de son expression dans l’arène politique, la stratégie ethno-régionaliste se traduit en vraie tragédie dès lors que l’argument politique se démarque du débat d’idées pour se traduire, dans les faits, en l’expression sans scrupules de violence sectaire. Dans le contexte politique Guinéen, les arrivistes du parti au pouvoir avec leur principal constituent la manifestation extrême de la tribu ou secte transformée en force d’oppression politique.

Les tristes évènements de Kankan, Tokounou, et Faranah ne sont que les relents infâmes des tueries de Conakry, Siguiri, Zogota, et Nzérékoré pour ne citer que ceux-là. Le régime actuel est visiblement à court de concepts unificateurs et constructifs. Pour se sauver, il se rabat sur son modus operandi d’excellence qui n’est autre que l’appel aux incubes sectaires pour désunir d’avantage les Guinéens. Au moment où leurs adversaires parlent de construction d’infrastructures de base, d’union, de service et les invitent à un débat public contradictoire pour le bien de la Nation, les champions de la politique sectaire versent dans la diatribe, exacerbent l’instinct ethnique, et incitent à la brutalité inouïe à l’image des fondamentalistes de Fallujah1.

Il est indéniable qu’en Guinée, et comme dans la majorité des pays africains, l’orientation politique trouve ses racines dans l’appartenance ethnique à l’image d’un baliveau dans la glèbe. Les sentiments de repli identitaire imprègnent, par reflexe, le choix politique des individus. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi si la synergie émanant du construit politique est orientée vers la création d’éléments positifs et constructifs pour le bien de tous. Par contraste, le régime actuel fait usage à outrance de la politique tribale en la poussant à son paroxysme dans le sens négatif pour en faire un outil de coercition et en l’érigeant en obstacle à l’éclosion d’un milieu politique saint et favorable à une gouvernance équitable pour notre fragile Nation. Ce péril sectaire installé en mode de gouvernance est antagonique à la cohabitation pacifique entre les différentes composantes de notre patrie.

Aucune région, ville ou subdivision de la Guinée ne saurait être la chasse gardée d’un quelconque parti politique. La compétition politique est, en premier lieu, une occasion de comparer et contraster les idées, de présenter les programmes de société ou de gouvernance à la population Guinéenne. Population à qui il reviendra la lourde et exaltante responsabilité de choisir celui ou celle qu’elle estime capable de guider ses destinées vers de meilleurs lendemains. Inciter à la violence, créer les conditions de cruauté sectaire, et traiter des guinéens de plein droit d’étrangers sur la terre de leurs ancêtres n’est autre que l’expression d’un manque d’idées constructives.

La politique d’intolérance établie par le régime actuel fait qu’au niveau social et économique, le prix du tribalisme devient de plus en plus cruel et exorbitant pour toute la Nation. Au niveau financier, un examen rapide des lois de finances de 2010 à 2020 montre que les charges de personnel, de biens et services et de transfert en république de Guinée oscillent entre quatre mille six cent soixante-sept mille milliards quatre cent soixante-dix millions deux cent trente-deux milles (4.667.470.232.000)2 soit 52.82 pourcent des charges au compte de la Loi de Finances Initiale (LFI) 2010 et quinze mille trois cent dix-huit mille milliards quatre cent quatre-vingt-dix-neuf millions huit cent quarante-sept milles (15.318.499.847.000)3 soit 57.30 pourcent des charges de la LFI 2020. Vue la nature outrancière de la gabegie financière et le niveau croissant de la corruption en Guinée, durant les dix dernières années, la majorité de ces montants a disparu dans les méandres inexplorables de la cangue tribaliste. Au bas mot, la Guinée a subi une saignée financière de l’ordre de quatre mille milliards par an de 2010 à 2020 du fait de la corruption et la mal gouvernance. Un niveau jamais égalé sous les régimes précédents.

Au niveau social, les membres de la secte qui détient le pouvoir ont fini par réduire en lambeaux le peu de cohésion sociale léguée par le régime du Général-Président. Le sectarisme et le clientélisme actuels s’attachent les services d’individus à la moralité douteuse qui font fi des principes cardinaux dans la gestion des biens publics. Des personnages qui n’ont ni le niveau minimum requis ni la volonté de servir le peuple avec abnégation. Ce qui a conduit au désastre actuel où d’apocryphes cadres de fortune préfèrent se claustrer après le clan et en font un programme de société. Ils se réduisent à opposer les constituantes de la Nation et font croître l’humus des dissensions ethniques.

La Guinée a tiré les leçons des tristes massacres du passé et des clivages qui alanguissent le construit de bon voisinage et compte tourner le dos au sectarisme et la désolation incarnée par le régime actuel. Les Guinéennes et Guinéens diront non à la violence tribale, la gabegie financière, les tueries impunies, la mal gouvernance et tous ses séquelles en votant et sécurisant leurs suffrages pour le Président Cellou Dalein Diallo (CDD) le 18 Octobre 2020.

Tourner le dos à la secte actuelle se traduira par l’élection triomphale de CDD au sommet de l’Etat au soir du 18 Octobre pour l’union, le salut, la tolérance, et le service pour le peuple. Les élections du 18 octobre sont un referendum contre le régime actuel, un appel à bannir à jamais le clientélisme, le tribalisme et l’ethno-stratégie incarnée par le pouvoir présent et sa secte. La Seule Alternative Crédible c’est CDD qui a su pardonner toutes les injustices que lui et la majorité des Guinéennes et Guinéens ont subi. Pour finir, nous rappelons cet enseignement du Saint Coran ʻʻLa sanction d’une mauvaise action est une peine identique. Mais quiconque pardonne et réforme, son salaire incombe à Allah. Il n’aime point les injustes! Il n’y a de voie de recours que contre ceux qui lèsent les autres et commettent des abus…ʼʼ [Coran 42: 40-43]

Au soir du 18 Octobre 2020, la victoire du peuple sera éclatante car nous nous unirons pour servir notre patrie et en finir avec le tribalisme et la mal gouvernance.

Was-Salam

Guilao Adam, PhD, MBA.

Notes

  1. Le sectarisme au Moyen-Orient, tel que décrit par la Rand Corporation, disponible ici
  2. Chiffres tirés de la LFI de 2010 disponible ici
  3. Chiffres tirés de la LFI de 2020 disponible ici

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