Politique apodictique et malheur guinéen (par Moussa Bella Barry)

Du grec ancien l’apodictique signifie : qui démontre, qui prouve, c’est ce qui présente un caractère d’universalité et de nécessité absolue. Une politique à caractère apodictique est nécessairement vraie, où que l’on soit.
Citation de André Comte-Sponville : « La politique n’est pas là pour faire le bonheur des hommes. Elle est là pour combattre le malheur – et elle seule, à l’échelle d’un pays ou du monde peut le faire efficacement. »
Je m’approprie « apodictiquement » la citation ci-dessus pour affirmer que quiconque n’a aucun intérêt au combat contre le malheur, qui n’a aucune compréhension pour la résistance active autour des valeurs perd le droit à la critique et aux plaintes. Les us chez-nous prouvent que le malheur est cette attitude de docilité, de fatalité, l’acceptation de la condition pénible et triste. La résistance active démontre la nécessité de s’opposer à l’arrogance du pouvoir, à l’exigence de défense de la démocratie.

Avant de développer rapidement ma pensée je parlerai ici des caractéristiques du club politique et du parti politique. – « Le club politique c’est la réunion, les assemblées de personnes, à des jours fixes pour s’entretenir des affaires politiques. Par exemple le cas des Jacobains pendant la révolution française. Je constate que la majeur partie de ces soi-disant partis politiques en Guinée ne se manifestent qu’aux périodes fixées pour les élections. Ils abusent la confiance des citoyens honnêtes par le trucage. Alors que le parti politique est une organisation au service d’une idée – qui s’articule autour des valeurs. Comme le règlement sur le pluralisme d’opinions et l’alternance au pouvoir !

Le malheur guinéen, en dehors de la fatalité, la docilité……, c’est aussi cette grande multitude de partis politiques juste façonnée indissociablement à la coupole d’un club politique. La plupart des leaders d’opinion fulminent abusivement le terme collectif de parti politique. Cependant le parti politique au sens apodictique – c’est celui qui réponde aux critères universel d’un parti politique. Le parti politique au sens fort est une union de personnes organisées autour des valeurs, il combat le malheur en mettant l’intérêt général avant l’intérêt personnel. Et pourtant de nos jours, moult soi-disant politiciens ne sont plus rien d’autres que des acteurs égotistes. De ce fait toutes leurs actions sont orientées exclusivement sur le meilleur plaidoyer pour les intérêts de clans au détriment de l’intérêt collectif.

 D’un point de vue purement technique le processus électoral guinéen est absurde. Nous avons un fichier électoral mal fait, car la CENI n’a pas respectée l’expertise et les recommandations pour son assainissement. Le pouvoir a voulu organiser une mascarade électorale par le truchement de cette CENI décriée. La Guinée de 1958 l’un des berceaux du panafricanisme, est aujourd’hui totalement isolée, par la communauté internationale, au niveau africain et sous-régional. Cet imbroglio décrédibilise ces élections. C’est est un handicap majeur au processus démocratique.

Quant au projet référendaire de la nouvelle constitution, il est voué à l’échec. C’est du non-sens. Le président tire sa légitimité de la constitution actuelle. Il a prêté serment par deux fois de respecter et de faire respecter la constitution-là. Il commet du parjure en se déjugeant de son serment. Une telle sédition, fit-elle de la part du premier magistrat du pays, est punie par les lois de la République. A ma connaissance la Guinée n’est pas un pays vaincu, d’où les prétendus vainqueurs écrivent la constitution au secret et nous l’octroient. Les guinéens ignorent tout du contenu de ce projet de constitution. Il est malsonnant de vouloir changer la constitution à quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel. Si le président était sincère avec lui-même, un amendement de la constitution actuelle aurait suffi pour l’extirper de ses insuffisances supposées.
D’un point de vue purement logique il est particulièrement claire pour chaque individu qui réfléchit, de comprendre que la nation est déchirée à cause de ces élections et du troisième mandat. Aujourd’hui la confiance est totalement perdue. En désinstitutionnalisant la prise de décision politique le président s’est manœuvré dans l’impasse, il lui sera très difficile de s’en sortir. Alpha Condé n’en veut pas de conseil qui ne corresponde à son attente, il décide seul et ne reçoit pratiquement aucun conseil compétent. Ceux-ci expliquent cette erreur d’élections et du troisième mandat. Il est explosif de tenir des élections sous les conditions actuelles. Présentement la priorité n’est pas d’organiser des élections bâclées, mais c’est plutôt de calmer les rancœurs, la refonte profonde du fichier électoral avant de tenir des élections transparentes et inclusives. Guinéennes et Guinéens, Hommes intègres et compétents, citoyens pondérés et capables impliquez-vous pour resouder le tissu social déchiqueté. La politique de la cohésion sociale et l’équilibre des intérêts sont les seuls leviers d’un développement harmonieux d’un pays.

Il n’y a pas pire calamité en politique que de remettre le pouvoir de décision dans les mains des ignorants, des bon à rien. Le mauvais exemple en politique est la plus pernicieuse bombe à destruction massive dans toute société. Nous observons que des individus ne se basant sur aucune base de données ou sur aucun marqueur, prétendre parler au nom du peuple. Ils délirent de ne vivre ou de ne respirer que pour le bonheur du peuple, et par la volonté de la masse populaire. Mais tout ceci n’est que de la pire fourberie orientée. En définitive les gens ont compris que ce monde-là ne représente que des ignorants et méprisants manipulateurs, des dégoûtants et prétentieux amateurs. Cette inconscience incompréhensible découle très souvent de la prétention démesurée d’avoir l’inspiration de ce que le peuple aspire. Ors cette supercherie ne cherche qu’à manipuler obstinément les gens pour des logiques égocentriques.

Ces boutefeux politiques méconnaissent le sentiment des gens. L’acception du sentiment de la population les échappe totalement. Alors que c’est effectif, le jugement de la population n’est pas compliqué, mais très simple et sans équivoque. Que ces leaders d’opinion se détrompent – s’ils pensent que le sentiment du peuple est manipulable au gré de la nécessité de leur entendement – d’autant plus que le verdict des gens à leur égard est clair. Le sentiment qu’on a d’un homme politique est soit positif ou négatif, on l’aime ou le déteste, l’impression des gens sur le politique est soit bonne ou mauvaise, on le juge véridique ou menteur, mais jamais à moitié ou partiellement. Il est donc inutile d’axer la politique sur des promesses en estimant ainsi gagner la sympathie des gens.

Il est scandaleux de constater qu’en Guinée la concurrence et l’ambition politiques sont devenues infecte. Les politiques ne se battent pas comme des adversaires politiques, mais comme des ennemis. Ils n’argumentent pas sur la base de projets de société, mais ils jouent plutôt sur la carte d’émotion ou d’appartenance ethnique pour garder le pouvoir ou pour accéder aux privilèges qu’accorde le pouvoir. Ils négligent le sens et l’obligation de vivre ensemble, ils désapprennent que les hommes et les régimes sont amovibles, mais que le peuple et l’Etat sont inamovibles.

Pauvre de nous ! Il est opportun de rappeler ici que l’intelligentsia est le meilleur bien que dispose toute nation. C’est cruellement indignant de constater le manque tragique de personnes ressources et le silence de la plupart de l’intelligentsia. Pourtant en période de crise il est absolument nécessaire d’avoir des personnes au-dessus de la mêlée qui sont en mesure de se faire entendre pour le bien commun.
Réfléchissons et agissons ensemble, c’est la Guinée qui gagne !

Moussa Bella Barry

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