Le programme de développement socio-économique Simandou 2040, examiné jeudi par le Conseil national de la transition, prévoit un investissement global estimé à 330 milliards de dollars sur quinze ans pour transformer l’économie guinéenne. Selon les projections présentées par la ministre de l’Économie et des Finances Mariama Ciré Sylla, environ 20 milliards de dollars seraient déjà sécurisés grâce au Simandou iron ore project, l’un des plus grands projets miniers de fer au monde.
Le financement du programme devrait provenir principalement des acteurs privés (38 %), du budget de l’État (32 %), d’un fonds souverain encore non opérationnel (19 %) et des bailleurs de fonds (11 %). Le retard dans la mise en place de ce fonds souverain, appelé à mobiliser 61 milliards de dollars, suscite déjà des interrogations au sein du CNT et chez plusieurs observateurs.
Pour mobiliser sa contribution, le gouvernement prévoit plusieurs réformes, notamment l’élargissement de l’assiette fiscale par la formalisation progressive du secteur informel, la digitalisation de l’administration fiscale et douanière, ainsi qu’une meilleure valorisation des ressources stratégiques dans les secteurs minier, des télécommunications et des entreprises publiques.
Cependant, la réussite du programme dépendra fortement de la capacité de l’État à mobiliser les ressources annoncées et à instaurer une gouvernance financière rigoureuse. Certains analystes évoquent déjà des risques économiques, liés notamment à l’ampleur des financements à réunir, à la dépendance vis-à-vis des investissements privés et à l’évolution des prix mondiaux des matières premières.
À ces défis s’ajoutent également des enjeux politiques et institutionnels, notamment la stabilité du cadre de gouvernance, la transparence dans la gestion des ressources et la crédibilité des réformes annoncées auprès des partenaires financiers internationaux.
Porté par les grands projets d’investissement, dont Simandou, l’exécutif anticipe néanmoins une croissance économique pouvant atteindre 10 % dès 2026, avec l’ambition de faire des ressources naturelles du pays un levier durable de diversification économique, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie des populations.
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