Opinion// Et Makanera charge comme un taureau !…

3.5 2 votes
Évaluation de l'article

Alhousseyni Makanera Kaké, le chantre du Parrain aux deux palais à Cona-crimes, met les pieds dans le plat en jugeant l’audio, qui accable le magistrat Algassimou Diallo, d’irréfragable. Dans son intime conviction, « l’audio est complètement authentique ». Sur ce il demande à celui-ci, accusé de s’être mis la tête sous le couperet, « d’assumer ses actes ». Voilà une prise de position qui est burlesque, drôlement badour. Et ça rappelle William Shakespeare qui laisse entendre dans la bouche de Lady Macduff : « Quand on n’a pas trahi par sa conduite, on peut sembler l’avoir fait par ses craintes. »

Sacristi ! Sans avoir le fin mot de l’histoire, c’est excitant de jouer le jeu dans la bataille des idées.

Toutes activités cessantes, c’est parti mon kiki !…

Alors, le « porboulème » ce n’est plus de demander à Algassimou Diallo de battre sa coulpe en s’accusant de toutes ces récriminations que le pouvoir militaire de Brutus Doumbouya lui impute. Aujourd’hui, Algassimou Diallo est interdit de sortie du territoire. Il a la tête sur le billot et risque sa vie s’il ne la boucle pas.

Il n’y a pas à dire, on n’est plus au temps de Staline ou de Sékou Touré. Nous vivons l’époque où rien ne peut faire barrage à la critique des idées, à la réflexion, à l’éclosion des pensées. Alors c’est nous de cette nouvelle époque qui, ne croyant pas un traître mot de cet audio, de ce travestissement de sons faisant passer Algassimou Diallo pour un traître et La Petite Cellule Diallo de l’UFDG pour un sectaire, un grand méchant loup, récusons tout hautement. Et les jaseurs des rues et les cancaniers dans les cafés et les jacasseurs dans les marchés et même les faux dévots doutent fort de la véridicité de cet enregistrement enfantin. Pensant que l’époque de la paranoïa est révolue, on se pince pour y croire.  

Eh bien ! Les vieilles méthodes de la révolution sékotouréenne subsistent encore dans le bled. On veut contraindre les Guinéens, désireux aujourd’hui de vivre comme des êtres humains, à « redevenir des loups ».

Et Makanera Kaké, fringant, et stipendié par le pouvoir militaire de Brutus Doumbouya, croyant à l’authenticité de cet audio, charge comme un taureau. En dépit des dénégations de La Petite Cellule Diallo qui pousse des cris d’orfraie face à ces accusations dont il fait l’objet, Makanera le tient pour principal responsable de la radiation de Algassimou Diallo dans ses fonctions de magistrat du parquet. Pour Kaké Makanera ça se voit comme le nez au milieu de la figure et il brûle de jurer sur le Saint Coran que « l’audio-là, même si un autre l’avait dit, sincèrement, il me dit, c’est elle qui m’a dit ça, j’allais croire. Parce que j’ai pratiqué tous ces leaders, je connais qui est capable de dire quoi. »

Quel argumentaire lunaire ! Nous vivons en une époque où l’intégrité est le tendon d’Achille d’un ramassis d’individus, et surtout d’hommes politiques guinéens à l’esprit étroit.

Et Oussou Kouthioun de Gaoual, qui fait la pluie et le beau temps au ministère des Transports, de jouer au juge implacable et d’enfoncer le clou sur un ton sardonique : « C’est bien sa voix. Mais c’est quelqu’un qui ne s’assume pas. Il sait qu’il a tenu des propos très graves. Mais comme il dit que c’est un montage, alors qu’il nous le démontre en remplaçant sa voix par celle de quelqu’un d’autre. Il ne peut pas parce que c’est bien lui. C’est la même chose qu’il a dite concernant la vidéo de lui qui a fuité. Ça aussi, jusqu’à présent, ils n’ont pas pu prouver le contraire. »

C’est une présomption de culpabilité irrécusable ! La Petite Cellule Diallo est l’accusé dont la tête ne plaît à la dictature militaire, alors il est coupable. Point barre !

Les pourfendeurs du magistrat Algassimou Diallo et de La Petite Cellule Diallo s’en foutent de ce qu’en pense Ismail Kadaré : « Il n’est pas rare que les gens, se cachant la vraie raison de l’aversion qu’ils vouent à autrui, cherchent à justifier ce sentiment par diverses causes auxquelles ils ont souvent eux-mêmes du mal à croire, le véritable motif en étant si honteux qu’ils s’évertuent à le dissimuler à leur propre conscience. » 

Ce qui est surtout fâcheux dans la prise de position de tous ces faux culs c’est qu’ils font passer Algassimou Diallo pour un ingrat qui aurait bénéficié d’une « ascension fulgurante » dans la magistrature grâce à Brutus Doumbouya. Alors ils crient à la trahison : « Le traître, au Poteau ! » comme au temps de Sékou Touré.

Quant à Ibrahima Sory Tounkara, la nouvelle marionnette du ministère de la Justice, comme frappé d’illumination, vient d’admettre : « Avec l’intelligence artificielle et les hypertrucages (deepfakes), une fausse information peut désormais fragiliser la confiance publique, attiser les tensions et menacer la stabilité d’un pays. La cybersécurité n’est donc plus seulement une question technique. Elle est un enjeu de souveraineté, de protection des droits et de cohésion sociale. »

Néanmoins les doctrinaires du pouvoir militaire de Brutus Doumbouya ne lâchent pas pied.    

Alors Questions ?

Qui a tiré Brutus Doumbouya de l’obscurité ? De simple caporal légionnaire, il est passé au grade de colonel à la tête du Groupement des Forces Spéciales.

Et le 5 septembre 2021, Néron Condé d’apprendre à ses dépens que « C’est le cheval que tu engraisses qui te tue. »

C’est l’extinction des hommes intègres, des hommes de parole, et surtout en Guinée-Conakry c’est l’ascension fulgurante du monde des chacals. C’est en cela que le proverbe convient au personnage du stipendiaire : « On voit la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le sien. »

Grâce à qui Alhousseyni Makanera Kaké est sorti de l’anonymat politique ? Qui l’avait nommé ministre de l’Information et de la Communication ?

Il n’y a pas à dire, c’est un coup de couteau dans le dos. Alors de grâce, arrêtez d’essentialiser des faits dans le pays.      

Non seulement le paltoquet moutonnier tient des propos alambiqués et yoyote de la cafetière ; en outre il se prend au sérieux dans ses rodomontades. C’est un petit dieu qui se pique de lire dans les pensées de tous ces leaders de l’opposition. Alors il se lâche : « Nous savons tous, ce n’est un secret pour personne, que nos partis traditionnels ont toujours surfé sur l’ethnie. La peur de l’autre, le repli identitaire. Voilà justement pourquoi je réagis aujourd’hui, parce que pour moi, cette rhétorique ne doit plus passer. »

C’est vraiment ahurissant : quand c’est des Peuls qui s’encartent au RPG de Goby Condé ou au PADES de Ouzin Zinzin Kaba, ils sont auréolés de titres ronflants de nationalistes et de patriotes. Mais s’ils se mobilisent pour l’élection de Cellou Dalein Diallo à la magistrature suprême, on les vitupère en dénonçant : « le racisme peul » !

Autre temps, autre mœurs. On s’évertue à mettre plus que jamais en avant la capacité de l’individu possédant les vertus cardinales, la compétence intellectuelle du postulant à la magistrature suprême.

Plaise à Dieu, si c’est un candidat potentiel issu de l’ethnie peule qui gagnerait l’élection présidentielle prochaine !

Vivement ! On le veut.

Et Makanera Kaké, les yeux hors de la tête, scande : « Personne n’a intérêt aujourd’hui qu’on revienne sur la case de départ. »

Aujourd’hui il fait partie des députés triés sur le volet à des fins politiques pour les causes de la nouvelle assemblée nationale.

C’est incommode de dire : « revenir sur la case de Départ ». En langage soutenu, on dit plutôt : « revenir à la case départ », déshonorable député !

Il n’est pas aisé de se repérer dans tes dires saugrenus qui ressemblent plus à un salmigondis.

Parlant de l’ascension professionnelle de Algassimou Diallo, tu dis : « Sa carrière, je voudrais qu’on me donne un autre magistrat qui a eu autant d’ascension fulgurante comme lui, en Guinée ici. Je ne dis pas les premières heures de l’indépendance où il n’y avait pas de cadres. Mais aujourd’hui, je n’en vois pas. »

Pourtant il y en a beaucoup. Seulement, ils font profil bas pour ne pas avoir à se mouiller avec le « totalitarisme démocratique » de Brutus Doumbouya.

Mais ce qui nous sort par les trous de nez, c’est la phrase : « Je ne dis pas les premières heures de l’indépendance où il n’y avait pas de cadres. »

Fais-tu le départ entre les premières heures de l’indépendance et les heures actuelles de Brutus Doumbouya en terme de nombre ou de qualité des cadres ? De toute façon, que ce soit en terme de nombre ou de qualité des cadres entre ces deux époques, tu mens !

Avant d’avaler son bulletin de naissance, Sékou Touré avait fait massacrer en nombre incommensurable les cadres de l’époque. D’excellents cadres.

Pour esbroufer Brutus Doumbouya, qui ne comprend rien à rien, et lui en imposer par tes attaques ad personam dirigées contre Cellou Dalein Diallo, tu t’institues historiographe.

Le paltoquet moutonnier du nouveau Parlement est vraiment une personne théâtrale qui souffre, certainement, du trouble de la personnalité histrionique. Il fait tout pour attirer l’attention sur lui, pour se valoriser aux yeux de Brutus Doumbouya.

On dirait que c’est de notre paltoquet stipendié que Maurice Druon décrit :

« Car il fut sans doute l’homme le plus fourbe qui marcha sur la terre ; la duplicité lui était aussi naturelle que la respiration, il prenait plaisir à tromper comme à un exercice réussi et parfois même ne s’apercevait pas qu’il trompait tant le mensonge faisait partie de lui-même. »

En effet, Makanera Kaké veut passer pour ce qu’il n’est pas. Il n’y a pas à dire, on a affaire à un pharisaïque qui fait vanité de lire dans le marc de café. En faisant allusion au parcours électoral de La Petite Cellule Diallo, le pharisaïque sermonne à la cantonade : « Quand on a fait une chose, on a échoué. On l’a refait, on a échoué. Croire maintenant qu’on peut faire la même chose, avoir un résultat différent, je ne pense pas que cela soit intelligent. »

Nous pensons que c’est plutôt courageux et intelligent ! Il ne faut jamais baisser les bras, dans la vie. Les déconvenues politiques avaient affermi Me Abdoulaye Wade qui finit par gagner l’élection présidentielle de 2000. Les parcours politiques des présidents ivoiriens, Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara, prouvent à suffisance que la vie politique est un combat. Et en outre dans la dictature militaire, l’opposant politique se doit de payer d’audace pour tenir le coup.

Ceci étant, il n’y a pas lieu d’exhorter Cellou Dalein Diallo à ne pas baisser les bras face au stipendiaire qui sue sang et eau pour l’envoyer au diable. 

Vous avez compris : jeunes de Guinée, élèves et étudiants ! Vous ne devez pas écouter le stipendiaire ! Vous avez échoué une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, n’abandonnez jamais, ne baissez jamais les bras. Relevez-vous, levez la tête, n’ayez pas honte, acharnez-vous à réussir dans vos études.

Ô, vous les jeunes diplômés sans emploi ! Ne désespérez pas ! Votre réussite est au bout du tunnel. Aspirez toujours à l’excellence, le temps de Dieu est le meilleur des temps.

Seulement ! Evitez de tomber dans la nasse des marchands d’illusions de la trempe du paltoquet stipendié qui est au service de la dictature militaire. Ne tombez pas dans l’enchantement maléfique de cet homme qui charge comme un taureau en apostrophant ignominieusement Cellou Dalein Diallo : « Pour rien au monde, il ne doit participer à détruire les bases fondamentales posées pour recoudre les tissus sociaux qui ont été sérieusement entamés. »

Par tous les dieux ! En quoi la Petite Cellule Diallo est responsable de la déconfiture sociale dans le bled ?

C’est vraiment manquer de relief et d’honnêteté intellectuelle que d’insinuer, aujourd’hui, une participation de La Petite Cellule Diallo dans la défection du tissu social en Guinée-Cona-crimes. Il n’est pas responsable des éboulements à Dar-es-Salam, la subure de Cona-cris. Ce n’est pas de sa faute si la Guinée, sous la pantoufle de Brutus Doumbouya, est devenue l’ « anus mundi » (l’anus du monde) pour reprendre l’expression de Heinz Thilo, un médecin SS qui désignait ainsi le camp d’extermination d’Auschwitz.

Disons-nous les choses en face : c’est impossible de transformer l’« anus mundi » en paradis terrestre avec des ostrogoths, genre Oussou Kouthioun de Gaoual, qui s’absentent de leur ministère sous prétexte d’avoir des obligations familiales à Paris. Mais les prétextes  ne manqueront pas pour tous ces ministres véreux, qui ont des obligations familiales au Canada ou en Europe ou aux Etats-Unis, de disparaître de leur lieu de travail pour aller faire le vide.

Eh bien ! Oussou Kouthioun n’encourt pas une suspension !… Du reste, depuis son retour à Cona-cris le week end dernier, il ne lâche pas d’une semelle Brutus Doumbouya dans ses déplacements.     

Par ailleurs, il faut dire à Makanera Kaké qu’il n’y a pas de potion magique pour recoudre le tissu social avec du fil nylon en Guinée. Il suffit d’assurer les desiderata des populaces, de nettoyer les écuries d’Augias en assainissant l’administration guinéenne embourbée dans l’ostracisme, la concussion et la corruption.

Mais au lieu de cela, l’on assiste à des mises en scène de Brutus Doumbouya qui gouverne par décrets à l’honneur de la courtisanerie et de la valetaille autour de sa personne. Alors c’est des gratifications à tour de bras, des élévations à l’ordre national de ceci ou de cela, de gradation à la pelle de bidasses ou de pandores ou de cognes. Et cela suffit pour que les adulateurs prêtent à Brutus Doumbouya de bonnes intentions, cancanent qu’il met l’intérêt national au-dessus de son intérêt personnel, qu’il est à l’écoute des préoccupations de la population.   

Comme tout tyran, Brutus Doumbouya est évidemment animé de bonnes intentions ; mais c’est pour une Guinée de 2040. L’idée c’est d’avoir la tête continuellement tournée vers l’avenir, vers un demain qui nous file entre les doigts comme une anguille, ne jamais vivre pleinement un présent revigorant.  Arthur Koestler invite justement à faire gaffe « Car un tyran plein de bonnes intentions est infiniment plus dangereux qu’un fauve carnassier. (…). Nulle tyrannie plus terrible que la tyrannie convaincue d’être la gardienne désintéressée du peuple. »    

                                                                                                         Benn Pepito

guest
0 Commentaires