Désabusé, Le Sid de l’UFR monte au ciel !

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Sidya Touré, rebaptisé Le Sid par le satirique guinéen Le Lynx, leader de l’UFR et en exil forcé à Abidjan depuis l’avènement de la dictature de Brutus Doumbouya à Cona-crimes, monte au ciel le vendredi 25 septembre 2026 dans un hôpital à Paris. Il quitte ce bas monde sur la pointe des pieds. Sa disparition a mis en émoi quasiment tout le bled. Ceux qui l’ont approché et respiré reconnaissent en lui un homme de haut gamme dans le domaine économique, un homme compétent qui se tient sur l’éminence du développement de la Guinée et des Guinéens, un vertueux de première dans la gestion et la gouvernance des biens publics.

En juillet 1996, les faits donnent raison au général Lansana Conté d’avoir fait appel à Sidya Touré pour remettre la Guinée à flot. Au lieu de se servir et de s’en mettre plein les poches comme certains ministres du gouvernement à ce moment-là, Le Sid de la Primature sert la Guinée et les Guinéens en leur assurant la fourniture du courant, en désenclavant des quartiers par le bitumage et le goudronnage des routes (Route Enco 5-km36). Il s’évertue à infuser un sang purifié et fécond dans les veines de la Guinée pour la booster dans le développement à tout point de vue. Il épure les finances publiques ; ce qui glamourise les institutions de Bretton Woods. Le vox populi se pâme d’admiration et le sublime. Ça ne plaît pas aux gredins, en pôle position dans le gouvernement et pour qui tout ça compte pour du beurre. Ils n’ont pas de cœur et ne se soucient pas de la souffrance des populaces. Eux ne songent qu’à garnir leurs comptes dans les banques occidentales, à entretenir des maîtresses. Le Sid de la Primature est une épine dans le pied du groupe véreux. Alors on parle dans l’oreille du général président Lansana Conté en cassant du sucre sur le dos du Sid de la Primature. Formant le leadership dans l’entourage du dictateur, ces fripouilles endogénéisent les détournements de deniers, des fonds d’aides internationaux, la gabegie, le copinage, l’enrichissement illicite, la concussion que Le Sid combat avec la dernière énergie. « Le leadership agit pour son intérêt. Tout Etat est un Etat de classe. Il n’y a pas un Etat qui soit au service de tout une population. Un Etat est toujours un Etat pour un groupe privilégié. », soutient mordicus l’éminent économiste sénégalais Cherif Salif Sy.

Le cador du groupe, qui ne manque pas d’air et qui ne pense qu’à mettre du beurre dans les épinards avec une gestion ultra-réactionnaire, parvient d’un jour sur l’autre à isoler Le Sid de la Primature dans l’approche du généralissime. Sidya Touré, qui porte son cœur en sautoir avec la résolution de nettoyer les écuries d’Augias dans la gouvernance du pays, est en rade. Il reste sur son quant-à-soi jusqu’à un certain jour où le généralissime lui fait toucher les épaules et le renvoie du gouvernement.

Le Sid bascule dans l’opposition politique, prend la tête de l’Union des Forces Républicaines et rêve du trône pour mieux servir la Guinée. Il a le vent en poupe. Ce qui inquiète le pouvoir qui l’arrête le 26 avril 2004. Il est accusé d’avoir pris part à Paris au dîner du 20 février 2004 au cours duquel il aurait été question de « déstabiliser l’Etat en provoquant des remous au sein de l’armée » guinéenne. En fait c’est le ministre de l’Intérieur, Moussa Sampil qui l’enquiquine ! Celui-là même à qui, à une certaine époque, il avait donné le gîte et le couvert dans son habitation à Paris. L’accusation : c’est de la bouillie !  

Le monde politique est un monde de requins, de renards, de charognards. Alors  des sacripants qui sont dans la purée, des protées et des girouettes qui tournent au premier vent qui passe s’affident au Sid en s’encartant à l’UFR en vue de bénéficier de sa bonté de cœur, de sa générosité, de ses largesses. Il tient le coup et candidate à l’élection présidentielle d’octobre 2010. N’ayant pas de l’entregent pour tirer la couverture à lui, Le Sid de l’UFR se fait supplanter à la deuxième place du premier tour de la présidentielle par Goby Condé, le vieux de la vieille de l’opposition guinéenne.

Le second revers politique du Sid de l’UFR sonne à la présidentielle de 2015. A partir de là, il précipite sa décadence politique. Il écoute les mauvais conseils de Baïdy Aribot, alors Secrétaire exécutif de l’UFR, de s’allier au pouvoir du groupe en place et se fait potiche en acceptant la nomination de Haut Représentant du Chef de l’Etat. Un poste sans queue ni tête. Un poste bidon qui tout de même lui passe la bride. C’est le levain dont se sert Gobykhamé pour débaucher des chéquards arrimés à l’UFR de première et pour pulvériser ce parti d’opposition alors considéré comme troisième force politique du pays. C’est sur le tard que Le Sid de l’UFR se rend compte qu’il n’est pas fait du même bois que Goby Condé. Alors, il démissionne avec un constat cinglant : « Près de trois ans après ma nomination au poste de Haut Représentant du Chef de l’Etat, force est de constater que je ne suis pas parvenu à infléchir vos orientations, qu’il s’agisse de la gestion économique permettant de créer les conditions d’une prospérité au bénéfice de tous nos concitoyens ou de la mise en place d’un dialogue politique à même de créer un climat de paix dans notre pays, condition sine qua non de tout développement. »

Il reprend espoir avec l’avènement de Brutus Doumbouya qui s’empare du trône par les armes ; mais qui jure ses grands dieux d’assurer une transition et de rendre le pouvoir par des élections inclusives, libres et démocratiques.

Feu de paille !    

Le nouvel autocrate dans le bled qui ne supporte aucune limite, exproprie Le Sid de l’UFR de son habitation à la Minière à Cona-cris et par-dessus le marché dissout quarante partis d’opposition dont l’UFR.

« Quand un seul détient tant de puissance entre ses mains et tant de raisons supérieures dans son cerveau, c’est toujours dangereux. » dit Arthur Koestler.

C’est d’autant plus dangereux que Brutus Doumbouya n’en fait qu’à sa tête, depuis. Lui qui avait proclamé urbi et orbi, aux lendemains de son putsch du 5 septembre 2021, que la justice sera sa boussole dans sa conduite se révèle brutalement être un pharmakon dans le corps du pays. C’est vrai qu’il a débarrassé le pays de la dictature de Néron Condé. Mais au regard de ses faits et gestes répulsifs, il atomise la Guinée.

Qu’est-ce qu’il reproche, au vrai, à Sidya Touré ?

En décembre 1996, l’Etat guinéen, sous le dirigisme du général président Lansana Conté, vend à Sidya Touré, alors premier ministre du gouvernement, un terrain privé, nu, à trente mille (30.000$) dollars. Sur ce terrain acheté avec tous les documents de l’Etat afférents à l’appui, Le Sid de la Primature construit son habitation à son goût.

Jaillissant comme un diable de sa boîte, Brutus Doumbouya joue les chevaliers blancs à l’aveugle, le justicier donquichottesque ! Il lèse Le Sid de l’UFR et laisse accroire qu’il agit dans l’intérêt des populaces guinéens qui depuis son putsch triment jusqu’aujourd’hui. Nous vivons actuellement en Guinée la tyrannie décrite par Arthur Koestler. Et « Nulle tyrannie plus terrible que la tyrannie convaincue d’être la gardienne désintéressée du peuple. En effet, le mal que peut faire un tyran cruel de sa nature est limité au domaine de ses intérêts et de sa cruauté, mais le tyran honnête et qui obéit à des raisons supérieures, celui-là peut faire un mal sans limites. »

De ce propos l’on voit la tyrannie de Sékou Touré et la tyrannie de Brutus Doumbouya. Entre les deux, il y a la tyrannie de Néron Condé.

Il n’y a pas à dire, c’est l’injustice et l’abus de pouvoir qui ont consumé Le Sid de l’UFR. Et trahisons politiques, coups bas assénés par ses compagnons politiques de confiance, débauchages de ses militants et déceptions le désabusent complètement. Il est sur des chardons.

Le samedi 14 novembre 2020, Gobykhamé encambronne les partisans à la dévolution du pouvoir au micro de RFI dès potron-minet. Il se paye la tête de Sidya Touré. Il lui fait la barbe, et par-dessus le marché, il affirme tout de go la mort de l’UFR : « D’abord l’UFR n’existe plus. L’UFR a complètement éclaté. Une bonne partie de ses militants est représenté au Parlement. (…). » Ensuite, vous connaissez le reste !…  

Le Sid de l’UFR était rompu aux questions économiques et à l’idée de développement de la Guinée. Par la force des choses, il était aussi féru de politique même si c’est un domaine dans lequel il a laissé des plumes en Guinée-Cona-cris.

Le Sid de l’UFR soutenait la presse privée indépendante dans la bataille des idées. Il soutenait financièrement l’Agence Guinéenne des éditeurs de la Presse Indépendante ( AGEPI ) et invitait régulièrement les journalistes à des conférences de presse à son domicile, à la Minière.   

Il va sans dire que Le Sid de l’UFR n’était pas en odeur de sainteté  avec tous les éditeurs de presse. Mais la plupart relayaient ses idées parce qu’elles s’imposaient pour tirer le patelin vers le haut. Une querelle de personnes plutôt qu’une querelle d’idées l’opposait à son détracteur.

Le Sid de l’UFR a reçu trop de coups de couteaux dans le dos. Trop de traîtrises, trop de perfidie en cascades de la part de beaucoup de ses ami(e)s politique.

Désabusé, Le Sid de l’UFR monte au ciel ! En vérité, c’est Dieu qui donne la vie, c’est Dieu qui donne la mort. Nous serons tous ramenés à Lui. Et les heureux verront Sa Face. Dans la sourate AL-KAHF (La Caverne), il est écrit : « La vérité émane de votre Seigneur. Quiconque le veut, qu’il croit, quiconque le veut qu’il mécroie ».

Sidya Touré était un homme de foi. Il croyait en un Dieu Unique. Il était un soumis. Que Le Tout Puissant Allah le fasse miséricorde et l’accepte dans Son Paradis ! Amine.

Maintenant… On peut aussi faire de l’esprit avec ces questionnements de Nikos Kazantzaki si ça vous chante : « Qu’est-ce que ce monde ? Quel est son but et en quoi nos vies éphémères peuvent-elles concourir à l’atteindre ? Le but de l’homme est de faire de la joie avec la matière, prétend Zorba ; de l’esprit, disent d’autres ; ce qui revient au même sur un autre plan. Mais pourquoi ? En vue de quoi ? Et quand le corps se dissout, reste-t-il quelque chose de ce que nous avons appelé âme ? Ou bien, n’en demeure-t-il rien et notre inextinguible soif d’immortalité, vient-elle non de ce que nous sommes immortels, mais de ce que, pendant le court instant où respirons, nous sommes au service de quelque chose d’immortel ? »

Le Sid de l’UFR avait pour principale préoccupation l’éducation et l’instruction des élèves et des étudiants guinéens. Il était convaincu qu’on ne peut asseoir un développement durable sans un enseignement de premier ordre à inculquer aux élèves et étudiants guinéens. Sans cela le pays ne va jamais décoller. Il faut absolument rompre avec cet enseignement de quatre sous que dispensent des enseignants incultes, non formés, des fanfarons qui se rabattent sur l’intelligence artificielle pour en mettre plein la vue à leurs apprenants.  

Repose en paix, grand frère !

Par dépit voire par désolation, la famille a décidé que ton inhumation se fasse en Côte d’Ivoire, ton pays d’adoption !…

C’est une décision douloureuse que nous respectons.

Benn Pepito

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2 Commentaires
Badou
Badou
29 septembre 2026 21:14

Paix et salut a sin ame puisse Allah laccueillir en ses paradis condoleances a sa famille qui a fait le bon choix de lenterrer en Cote dIvoire
La guinee ce monstre incarne par tous ces dictateurs de sekou a doumbouya qui ont fait notre honte
Quel bel duo ca aurait ete si sidya et cellou avaient reussi a diriger ce bel pays