L’ambassadrice de l’Allemagne en Guinée a apporté des précisions, ce mercredi 25 février 2026, sur une des modalités de mise en application de l’accord migratoire, signé en 2018 entre Conakry et Berlin, relatif aux modalités d’expulsion des migrants ainsi que sur leur accompagnement.
Selon ses explications, cet accord, conclu pour une durée initiale de cinq ans, comporte une clause de reconduction automatique. Celle-ci s’applique dès lors qu’aucune des deux parties ne manifeste officiellement sa volonté de le suspendre.
« C’est vrai que tous les cinq ans, il y a un moment donné où l’accord se prolonge si aucune partie ne choisit de le suspendre. À un moment donné, la Guinée n’a pas choisi de suspendre l’accord », a précisé Mme Biontino.
Elle a toutefois souligné que l’accord est désormais entré dans « une nouvelle phase », marquée à la fois par des considérations juridiques et politiques.
« Il y a toujours la question légale et la question politique », a-t-elle ajouté.
L’ambassadrice a par ailleurs indiqué que son pays reste ouvert à toute discussion avec les autorités guinéennes, notamment en cas de difficultés liées à certains rapatriements.
« Si la partie guinéenne souhaite éclaircir un point ou discuter de certaines situations, notamment des cas de rapatriement qui poseraient problème, nous attendons des dossiers concrets. S’il existe effectivement des cas problématiques, il faut s’en occuper », a-t-elle affirmé.
Abordant la situation des migrants concernés, Mme Biontino a relevé que les versions présentées divergent souvent.
« Certaines personnes affirment être bien intégrées sur le marché du travail allemand, alors qu’il s’agit parfois d’activités non légales. D’autres évoquent la présence de leur famille, alors qu’elles en sont séparées depuis longtemps. Il y a donc souvent deux versions de l’histoire », a-t-elle expliqué.
Elle a insisté sur l’importance d’une coopération transparente entre les deux pays.
« Il est essentiel de ne pas laisser de questions en suspens entre la Guinée et nous. Notre coopération repose sur le droit international et sur un document partagé entre les États membres de l’Union européenne et la Guinée. À ce stade, je ne vois pas de véritable problème », a-t-elle conclu.
Cette réaction faite suite à la sortie du ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissandan Kouyaté, lors d’une rencontre ce mardi avec un responsable de l’ambassade, soulignant que l’accord a été signé dans un contexte politique antérieur à la transition actuelle.
Les autorités guinéennes disent néanmoins en assumer l’héritage juridique, tout en exprimant de fortes réserves sur certaines modalités de mise en œuvre du protocole.
Nous y reviendrons.
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