Brutus Doumbouya à “L’école des dictateurs” !

ARCHIV - 22.09.2022, Mali, Bamako: Guineas Junta-Chef General Mamady Doumbouya überwacht eine Militärparade zum Unabhängigkeitstag. Erstmals soll in Guinea wieder ein ziviler Staatschef gewählt werden - doch Putschführer Doumbouya ist der aussichtsreichste Kandidat. Foto: Uncredited/AP/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Afac*ya ! Il n’est que de regarder de ses yeux vu la situation politique, économique et sociale du bled pour se mettre martel en tête.

Après son coup d’éclat du 5 septembre 2021, Brutus Doumbouya, gonflé à bloc de présomption, s’est aussitôt mis à « L’école des dictateurs » et développe depuis une politique totalitaire dans le bled. Et depuis cette date mémorable jusqu’à ce jour, on lui concède d’avoir réalisé de grands prodiges : d’abord il défère dans un geste de don quichottisme à la prétention juris tantum de l’Égérie du Stratège de la révolution guinéenne sur la Villa Syli ; et usant de son impérium, il édicte et lui fait la part belle par la livraison de ce bien indu.

Ensuite toujours sous sa férule et en son propre et privé nom, l’aspirant dictateur, étant tout d’une pièce et lancé dans cet élan irrépressible d’un Don Quichotte à la manque, promulgue derechef un autre oukase qui sublime et emblématise Amadou le boucher en baptisant non seulement l’aéroport international de Cona-crimes du nom de celui-ci au nez et à la barbe de son premier ministre, Mohamed Béavogui, neveu de Diallo Telli, l’une des plus célèbres victimes de Sékou Touré, mais aussi en passant par pertes et profits de toutes les victimes de la révolution sékoutouréenne.

Et immédiatement, l’on a vu le surgeon de la révolution sékoutouréenne faire jucher cavalièrement sur le fronton de l’aéroport international de Cona-crimes le nom fatidique « Ahmed Sékou Touré » à marche forcé. Dont acte ! Un foutu acte de déraison et d’autoritarisme qui jure avec la réconciliation nationale des Guinéens. Les voilà qui retombent du coup dans la façade rémanente de la révolution sékoutouréenne. Ce fronton emblématisant le nom tyrannique de Sékou Touré servira en miroir d’éperon pour éperonner l’anamnèse nationale sur les crimes commis par celui-ci. Parce qu’à dire vrai c’est là un doigt d’honneur fait aux familles des 50.000 victimes de Sékou Touré et de sa Révolution sanguinaire. Elles continuent de subir des avatars. Quelle Tuile !

A Dieu vat ! L’aspirant fasciste, homme à poigne et infracteur de la justice sociale qui montre ainsi sa vision binaire de la réconciliation nationale au grand jour, est resté de marbre face à la levée de boucliers au sein de la majorité des familles guinéennes et continue de faire du sékoutourisme sans Sékou Touré ; et du reste on lit aisément en lui comme dans un livre ouvert. C’est depuis la reviviscence de l’autoritarisme ; et désormais le pouvoir pour le pouvoir c’est son apanage. Ce qui fait écrire à Ignazio Silone dans son livre « L’école des dictateurs » : « Passer d’un régime politique à un autre signifie exactement la même chose que d’abattre un édifice et, avec les matériaux de la démolition, en construire un nouveau. Les coups de pioches sont inévitables. »

A présent il se fait jour que Brutus Doumbouya incarne l’autorité dans son entièreté. Dorénavant c’est lui qui mécanique la balance de la justice dans le bled, qui dimensionne les droits et libertés dans la thébaïde. Et Sa Seigneurie, outrecuidant, adjuge au jugé pour qui il veut ; et il déchoit et il perd en réputation, à peu de frais, qui il ne porte pas dans son cœur. L’autocrate militaire en tenue civile préempte les prérogatives, légifères au mépris de l’équité, du bon sens et fait les choses à sa sauce n’en déplaisent à tous ceux et celles qui voient à travers le prisme de ses décrets et édits, poncifs rémanents de la révolution sékoutouréenne.

Sur l’heure, toutes les attentions sont focalisées sur l’usage de la force terroriste par Israël et les Etats-Unis pour faire plier l’Iran et ses satellites. L’organisation des Nations Unies, la France et l’Union Européenne, l’Union Africaine et la CEDEAO, l’Organisation Internationale de la Francophonie et tous les machins institutionnels de ce monde ont les yeux tournés sur le Moyen Orient ou font semblant de regarder ailleurs. C’est l’art de laisser les coudées franches à Brutus Doumbouya qui, pour cueillir le fruit, abat l’arbre. Il dissout quarante partis politiques dont les deux partis phares de l’opposition : l’UFDG de la Petite Cellule Diallo et l’UFR du Sid. Leur dissolution est presque passée comme une lettre à la poste. C’est l’ère du plus fort, des abus, des injustices, du piétinement du droit au niveau international et national. Le monde s’étant transformé en une grande tour de Babel, chacun fait ce qu’il veut chez lui. Le monde est devenu une jungle. C’est la raison du plus fort. Ceux qui ne sont pas du côté du manche ont tort. Ils n’ont aucun droit et plus que leurs yeux pour pleurer. Le fasciste n’a de compte à rendre à personne. Seulement ! Seulement !… Paraphe Ignazio Silone « Après avoir méthodiquement massacré ou bâillonné ses adversaires, le dictateur moderne a besoin de présenter son régime comme une forme supérieure de démocratie ; bien plus, de le déclarer la seule vraie démocratie, la démocratie directe, et, pour administrer la preuve, il organisera chaque jour des manifestations de masse, et de temps en temps un plébiscite. »

La culture n’est pas la tasse de thé de Brutus Doumbouya qui n’a du reste jamais connu Ignazio. Et pourtant tout porte à croire que le dictateur moderne survole les mots politiques de ce dernier. Après avoir triomphé en pantoufles à la dernière farce présidentielle et réduit à l’état d’amorphe l’opposition qui lui donnait du fil à retordre, à toutes fins utiles, le « dictateur moderne » monte pièce par pièce son parti politique, la GMD (Génération pour la Modernité et le Développement). Et c’est son premier ministre Bah Guérémassoye qui lui donne des billes dans ce montage politique du GMD. Comme le dit Ignazio l’objectif c’est mettre en place : 

« Un réseau serré d’hommes de confiance qui contrôlera tous les citoyens. Dans les lieux de travail, les locaux où l’on mange, les moyens de transports et même chez lui, l’individu doit se sentir sous l’œil vigilant de l’autorité. L’homme de confiance du parti cumule les fonctions d’espion, d’assistant social et de portier d’hôtel. »

En fait, la GMD serait tout naturellement un ersatz du PDG (Parti Des Geôles) de Sékou Touré, un parti qui fédèrera tous les Guinéens, ne laissant personne en rade, et surtout un parti qui râtèlera les laissés-pour-compte, les sacripants, les imbéciles, les fripons, les cupides, les gloutons, les crétins.

Autrement dit le but principal du GMD c’est de créer et d’entretenir le culte de la personne de Brutus Doumbouya. Toutes les institutions de la République se ploieront à cultiver ce culte de la personnalité en ce sens que si tout marche sur des roulettes l’on s’empresserait à le mettre au crédit du dictateur moderne mais si c’est la déconfiture l’on désignera des boucs émissaires. Parce que « entouré de tant de coquins, il est le seul à ne jamais se tromper. Tout le mal du régime retombe sur ses collaborateurs, tout le bien reste à son crédit. Ainsi se crée la légende du Bon Tyran, dont le mythe s’étend bien au-delà des limites de son parti. »

Ceci étant, l’édification du culte de la personne de Brutus, la fabrication de la légende de ce « Bon Tyran » ne peut se faire sans un ratissage de l’environnement c’est-à-dire annihiler toute velléité de caresser la bête à rebrousse-poil. Toute critique contre le « Bon Tyran », tout contre-pouvoir contre son pouvoir totalitaire, tout acte visant à abîmer ses effigies sur les panneaux publicitaires de Aladji Cellou Camara dit CC, le patron de l’Office Guinéen de Publicité, est un ersatz de lèse-majesté passible d’emprisonnement ou de mise à mort. C’est interdit de critiquer Brutus Doumbouya, de gribouiller sur ses affiches ; mais ça sonnera bien dans les oreilles du « Bon Tyran » quand il entendra les bien-pensants du pays chanter hosanna de ses victoires faisandées à l’occasion des prochaines consultations électorales.

L’on ne sera pas surpris, prochainement, de voir la GMD, parti fasciste, triompher en pantoufles aux élections municipales et législatives dans la logique d’enraciner le culte de la personne du « Bon Tyran » qui du reste a promis de faire de la Guinée-Conakry, un pays de Cocagne, un paradis sur terre pour reprendre son mot.  

Vous êtes libre de ne pas croire à part soi à ces fadaises. Mais vous n’avez pas le droit d’ouvrir les yeux aux candides sur ces billevesées sur les ondes des radios privées ou dans les colonnes des journaux indépendants. Le Boubs de la Haute Autorité de la Communication qui veille sur les « règlements » comme sur la prunelle de ses yeux n’hésite pas à sévir : bâillonnement de radios, fermeture de télévisions et de sites internet, interdiction de publication de journaux. Et c’est dans cette atmosphère délétère de persécution, d’intimidation, de kidnapping d’hommes et de femmes de tout âge, de suspension, de musèlement de la presse, d’enlèvement de journalistes que le pouvoir militaire promet d’instaurer le paradis en Guinée-crimes.

Karl Popper met en garde : « Ceux qui nous promettent le paradis sur Terre n’ont jamais produit autre chose que l’enfer. »

Quoi de plus vrai quand on regarde cette vie de merde que mènent les populaces dans la contrée. Toujours dans la résilience. Toujours dans la fatalité. On courbe l’échine. On s’en remet au fatum. Pas plus pas moins : on vit, actuellement, l’enfer en Guinée. Le prix d’un gombo oscille entre 2000 FG et 3000 FG. Le tas de trois aubergines se vend à 20.000 FG. Un kilogramme de viande est vendu à 80.000 FG. Un poulet entier (10 kg) se vend à 300.000 FG. Une baguette de pain coûte la peau des fesses. Le prix de la farine n’arrête pas de flamber et le pain devient un aliment inaccessible dans la majorité des familles guinéennes. Et par-dessus le marché, les fafiots désertent la circulation ! L’on ajoutera sans barguigner ce mot de Jacques Chirac : « Les emmerdes c’est comme les cons, ça vole toujours en escadrilles. » Surtout dans le bled ! 

Les Guinéens ont faim. Ils barbotent dans la mouise. Ils ne savent où donner de la tête. La dictature totalitaire, qui use de la force et de la mystification pour mettre tout le monde sous sa pantoufle, les tient en respect. Ils n’osent plus descendre dans la rue pour crier leur ras-le-bol, dénoncer la cherté de la vie, la militarisation du pays, les abus de pouvoir dont ils font quotidiennement les frais. En Guinée, il y a eux et il y a les aigrefins, les fripons, les pendards qui s’acoquinent avec la dictature sur place et qui tirent leur épingle du jeu. 

Et depuis que Bah Guérémassoye est tombé dans l’escarcelle du pouvoir militaire, il a le sentiment de marcher sur les flots. Et partant il a l’outrecuidance de piétiner la mémoire des victimes de Sékou Touré, de hululer en donnant carrière à son esprit profond à qui veut l’écouter : « On ne chante plus la Révolution, on fait la Révolution. »

Didon ! On l’entend. L’aigrefin de la primature va à la soupe et la GMD, sous sa houlette, servira de « mécanisme à toute épreuve pour la multiplication des crétins. »

C’est tout cela qui fait justement sortir Tierno Monénembo de ses gonds : « Ici, plus il vole, plus on chante ses louanges, plus il tue, plus on le supplie de conserver le pouvoir. Normal, me direz-vous, l’intellectuel sénégalais aime le Sénégal, l’intellectuel Guinéen n’aime que son ventre. »

Autres temps, autres mœurs ! En effet cela caractérise, aujourd’hui, les intellectuels à la noix en Guinée-Conakry qui sont à cent coudées de ceux du Sénégal. Des intellectuels de la fanfreluche, d’un appétit d’argent vorace, cupides, vénaux, prêts à se jeter au feu pour mériter le pain que leur met à la bouche le Bon Tyran. A dire vrai, les intellectuels du cru ont toujours barboté dans la gadoue ; ils ont toujours su donner des billes à la dictature du moment. Ils n’ont pas un credo. Ils se torchent le cul avec la probité, la vertu. Ils souffrent d’orthorexie.  

Excepté, lui, Tierno Monénembo ! A dire vrai, votre débatteur qui a la manie de tout rapetisser, ne connait, de vivant, qu’un seul intellectuel qui continue de demeurer probe dans ses babouches depuis jusqu’aujourd’hui : Diallo Souleymane du groupe de presse Le Lynx-LA LANCE qui vit frugal.  

Quel autre intellectuel ? Qui, susurrez-vous le nom ? Remettez bien votre dentier, et citez un seul autre intellectuel qui ne s’est pas barboté dans la fange ?

On est certes désolé de voir des individualités, des Rastignac et jeunes loups aux dents longues voter des deux mains le projet politique du Parrain des deux palais. Des gus genre Bah Guérémassoye, Soulay Thiâ’nguel du ministère de l’information et de la communication, Oussou Kouthioun de Gaoual, porte-voix du gouvernement, le Bout Bas de ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine), le Boubs qui conduit la HAC comme sa brouette de jardin, Moussa Scylla qui se fourvoie à déifier Brutus pour mériter sa nomination à la tête du ministère de la culture, du tourisme et de l’artisanat, le pharisaïque Cellou Balde du ministère de la Jeunesse et des Sports qui a été malin de placer récemment sa femme et ses cinq enfants à l’asile en France, Dansa Kourouma qui gouverne une institution presque caduque (Conseil National de la Transition), Khamané Ousmane de l’UPR, Ibrahima Sory Tounkara, le nouveau pantin du ministère de la Justice, des anciens ministres Sékou Koureissy Condé et Ouzin Zinzin Kaba, Boubacar Sylla, ancien porte-voix du régime de Néron Condé.

Hé ! Le Bon Tyran donne du biscuit… Il donne un coup de pied en vache en culbutant Néron Condé. Et pour briller de mille feux, il s’approprie le mégaprojet minier de sa victime sur le Simandou dont la cérémonie de lancement a eu lieu le mardi 11 novembre 2025. Et mieux le Bon Tyran lui assène le coup de grâce en faisant fondre sa machine politique qu’est le RPG. Fichtre ! Le Bon Tyran met le pays tout entier sous sa pantoufle.

Et l’on entend le général Sékouba Konaté, ancien président de la transition en Guinée, qui est tellement éblouit par tous les prodiges réalisés par Brutus Doumbouya, en si peu de temps, qu’il compare Conakry, la maritorne, à « petit Paris ».

Franchement ! L’on ne voit pas, en cinq ans de règne, ce que le Bon Tyran a réalisé de son cru en termes de développement économique et social en Guinée. Regardez vous-même le pays réduit en peau de chagrin ! Regardez l’état dégringolant, vermoulu, misérable, pouilleux du pays ! Regardez, en ce moment même, l’état dangereux des routes parsemées de crevasses, de nids-de-poule !

Regardez le désœuvrement qui conduit les jeunes guinéens à foutre le camp du pays ! Ils vont en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Angola, au Zaïre, au Gabon, au Maroc, en Algérie, en Centrafrique pour faire de petits boulots et secourir leurs familles restées en Guinée. A leurs risques et périls, certains d’entre eux tentent de rallier l’Europe en traversant la méditerranéen avec des embarcations précaires. C’est poignant de voir sa mère, son père, ses frères et sœurs crever de faim et mourir à petit feu quand on est un jeune, diplômé ou non diplômé, sans emploi et sans aucune perspective d’avenir dans la Guinée-Conakry. Avec un pouvoir qui vous emboucane à longueur de journée !…    

Est-ce l’école de Saraboïdo à Koundara a été réparée pour le bonheur des centaines d’élèves n’ayant pas de classes ? Idem pour les élèves laissés en rade en Haute-Guinée ?

Est-ce les populaces à l’intérieur du bled bénéficient d’eau potable pour vivre ?

L’on sait que ceux qui tirent parti de la dictature de Brutus ont l’art de l’individuer et de lui donner des billes pour emboucaner les Guinéens sur son apport incommensurable dans le développement des populations et du pays.

Bah Guérémassoye illusionne : « Le gouvernement prévoit notamment la réalisation de 2900 kilomètres d’autoroutes et de 2500 kilomètres de lignes ferroviaires, afin de structurer durablement le territoire et de soutenir la transformation économique du pays. (…) Le gouvernement prévoit la réalisation de 5500 kilomètres de routes d’ici 2030. »

Ce pouvoir dictatorial emboucane les Guinéens. « Le dictateur frais émoulu » s’emploie à les embringuer avec de sanguinolents souvenirs du passé et Bah Guérémassoye s’exalte à leur en mettre plein la vue avec des projets futuristes émaillés de superlatifs ampoulés. Brutus et Bah Guérémassoye s’en foutent du quotidien des Guinéens. Le premier mandat de sept ans de l’hégémon s’achèvera en 2033 ; et s’il rempile, son pouvoir ira jusqu’en 2040, année fixée comme la clé de voûte du projet Simandou de toutes les illusions.      

Il faut plutôt convenir avec Ignazio Silone que « C’est une vieille histoire : des pharaons à Staline, tous les tyrans ont, toujours, réalisé de grandes choses. Mais les prodiges ne suffisent pas à démontrer qu’on a raison. »

Non seulement les prodiges réalisés par le dictateur frais émoulu ne sont pas probants mais entendons qu’ils ne suffisent pas, en miroir, pour lui donner raison d’avoir forgé une constitution et confisqué le trône.

Sur l’heure, le pays va mal, très mal. Il y a une crise de liquidité dans le pays du fait de la gabegie et de la mauvaise gestion des finances. C’est vouloir cacher la poussière sous le tapis que de pointer un doigt accusateur sur les commerçants peuls, boucs émissaires des itératives crises économiques dans le pays. « Ne divaguons pas, écrit Ignazio Silone. Les difficultés majeures de n’importe quel régime sont celles de la bonne administration. Comment se prémunir, quand on ne dispose que d’un personnel dirigeant improvisé, contre la bêtise, l’imprévoyance, le sabotage, la corruption ? »

Et partant que l’atone ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, en fonction depuis le 02 février 2026, sorte de son état aboulique, fasse un examen minutieux de la caisse noire du gouvernement, s’accote d’une bonne escouade des forces spéciales du régime pour aller farfouiller chez Cassius Camara, le Secrétaire général de la Présidence. Peut-être qu’elle dégoterait là-bas des fafiots en gogo à remettre en circulation !

La Guinée-Conakry est au bord de la banqueroute. La faillite économique du pays est palpable. A qui la faute ? Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. La gouvernance du pays est un tonneau des danaïdes rythmé par l’incompétence des gouvernants, la concussion, la gabegie, les détournements de deniers publics, la corruption, les surfacturations et les magouilles financières qui battent leur plein.

Ce n’est pas en pissant à la raie de l’opposition par l’emprisonnement arbitraire de  Aliou Bah, leader du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), par les kidnappings de Foniké Menguè, de Billo Bah, de Marouane Camara et de Néné Oussou Diallo, tous gardés au secret depuis belle lurette, par le bannissement de la Petite Cellule Diallo et de Sidya Touré et par le musèlement de la presse que « Le Bon Tyran » transformera la Guinée-Conakry en paradis sur terre. On bannit 40 partis politiques de l’opposition qui ne s’est pas constituée en un jour. On laisse retomber la poussière avant d’annoncer illico presto la fécondation in vitro de 60 partis, des avortons aux jambes de moustiques appelés à faire de la politique politicienne. Ce qui nous est insupportable, c’est quand on se fout de notre intelligence !

Brutus Doumbouya est taillé dans la même étoffe que Sékou Touré : présomptueux et mystificateurs, ils ne supportent pas la contradiction, la contestation, l’opposition. Tous deux se croient sortis de la cuisse de Jupiter. Avec le PDG, État-parti, Sékou Touré croyait contrôler les esprits. Itou avec la GMD lancée récemment comme une panacée politique. C’est un mauvais calcul politique. Et il faut convenir avec Ignazio Silone qu’« Aussi longtemps que les hommes auront la faculté de penser, ils ne pourront jamais être unanimes sur tous les problèmes de l’existence. »

Sans un véritable contre-pouvoir, c’est-à-dire une opposition qui, au mépris de la compromission s’oppose et propose, une presse indépendante et critique, la Guinée foncera droit dans le mur.  

Benn Pepito           

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AOT DIALLO
AOT DIALLO
6 avril 2026 18:23

 » aussi court que ta taille  » – ça s’est beaucoup deh ! Au moins ma taille, ok?

AOT DIALLO
AOT DIALLO
6 avril 2026 18:21

Hadja est un très bon conseiller…

Sauf pour citer satan toure. Là tu peux y aller a 100% pour l’éternité 😀 d’après moi !

Alpha Oumar Barry, Atlanta
Alpha Oumar Barry, Atlanta
5 avril 2026 21:48

C’est archi faux Ben, depuis dix ans maintenant, cette reproche revient sous tes contributions. Arrête donc ton caméléonnage là ! Une chose est claire, tu ne cesses de niquer satanniquement l’histoire de ce pauvre pays.

Benn Pepito
Benn Pepito
5 avril 2026 11:15

D’accord pour la critique !
Hadja m’a fait la même observation ! J’avoue que j’ai envoyé mon texte sans me soumettre à sa censure. Dès qu’elle me voit taper sur mon ordinateur, elle fouine et exige à me lire avant tout envoi. Alors là, j’ai décidé de me passer d’elle. Et ses critiques ont fusé dès la publication. Elle veut veut que j’arrête de citer les gens dans mes textes, de tourner la page Sekou Touré, d’être moins, moins, moins long.
Dorénavant, je vais être aussi court que ma taille. Promis juré !…

Alpha Oumar Barry, Atlanta
Alpha Oumar Barry, Atlanta
5 avril 2026 09:53

Le texte peut-être digéré en y insérant simplement des sous titre à la manière de la presse anglo-saxonne. Le lecteur pourra ainsi zapper les paragraphes moins sataniques ….

AOT DIALLO
AOT DIALLO
3 avril 2026 22:38

Brillant comme toujours Ben, mais il m’a fallu 2 seances pour le lire entierement, moi qui paresse devant mon ecran tous les jours de 13h00 a 20h00… Un conseil fraternel, il ne faut pas depasser plus d’une page recto simple, sinon il n’y a que les papys comme moi qui liront tout. On est deja deborde de scoops journaliers avec Yellow Man a la Maison blanche et Brutus a M5 :). Quitte a en publier 1 ou 2 autres, ce qui est tout a fait possible dans cette oeuvre ci-dessus. Nos deux brillants chroniqueurs nationaux que tu cites ci-dessus (gros… Lire la suite