Le gouvernement burkinabè a adopté, en Conseil des ministres tenu ce jeudi 29 janvier 2026, un décret portant dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques. Dans la même dynamique, un projet de loi visant l’abrogation des textes encadrant leur fonctionnement, leur financement ainsi que le statut du Chef de file de l’opposition a également été validé.
Selon le ministre de l’Administration du territoire, Émile Zerbo, cette décision s’inscrit dans le cadre de la refondation de l’État. Elle fait suite à un diagnostic approfondi du système partisan, qui a mis en évidence de nombreuses dérives dans l’application du régime juridique des partis et formations politiques au Burkina Faso.
Justifiant cette mesure, le ministre a souligné qu’ « en effet, les partis et formations politiques en pléthore et dont la mission constitutionnelle est de concourir à l’animation de la vie politique, à l’éducation du peuple et à l’expression du suffrage et ce, dans le respect de la souveraineté nationale, se sont avérées en total déphasage continu avec les aspirations réelles du peuple et les enjeux stratégiques notamment sécuritaires. Cette faillite a favorisé la division des citoyens, contribué à la fragilisation du tissu social et créé un développement déséquilibré du territoire ».
Poursuivant son propos, Émile Zerbo a estimé que l’adoption du décret de dissolution, combinée au projet de loi abrogatif, vise à renforcer la cohérence de l’action gouvernementale avec les idéaux de la révolution progressiste populaire. Elle permettra également, selon lui, d’ouvrir la voie à une réforme en profondeur du mode de gouvernance politique du pays.
Sur le plan juridique, le ministre a précisé que « le décret de dissolution prévoit en son article 2 la dévolution du patrimoine de chaque parti et formation politique à l’État ».
Quant au projet de loi, il porte sur l’abrogation de plusieurs textes majeurs, notamment la loi n° 32-2001-AN du 29 novembre 2001 portant charte des partis et formations politiques au Burkina Faso, la loi n° 08-2009-AN du 14 avril 2001 relative au financement des partis politiques et des campagnes électorales, ainsi que la loi n° 09-2009-AN du 14 avril 2009 portant statut de l’opposition politique, et sa loi modificative n° 46-2013 du 17 décembre 2013. Ce projet de loi sera transmis à l’Assemblée législative de transition dans les meilleurs délais.
Avec Guinee360.com
