CONAKRY – Depuis plusieurs mois, retirer de l’argent dans les banques est devenu un véritable parcours du combattant pour de nombreux citoyens guinéens. Entre plafonnement des retraits, guichets automatiques souvent à sec et longues files d’attente, les usagers dénoncent une situation qui complique leur quotidien.
Ce jeudi 12 mars 2026, notre reporter qui a fait un tour dans plusieurs banques de la capitale a pu constater que le problème persiste. Dans la plupart des établissements, les retraits sont limités à 500 000 francs guinéens, voire moins dans certains cas. Devant les guichets automatiques et dans les agences bancaires, l’affluence est inhabituelle. Les clients tentent tant bien que mal d’accéder à leur argent, sans toujours y parvenir.
Rencontré devant un guichet automatique, Saa Robert Kamano se dit surpris par les difficultés rencontrées.« Comme vous le savez, nous traversons actuellement une crise de liquidité, c’est-à-dire un manque d’argent liquide. Ce matin, je suis venu retirer de l’argent. J’ai introduit ma carte bancaire dans deux guichets différents, mais rien ne sort. Je ne sais même pas si c’est ma carte qui a un problème ou si c’est le guichet. Pourtant j’ai un programme important ce matin », a-t-il confié.
Même constat pour Bobo, rencontré devant une agence bancaire à Conakry. Selon lui, l’accès à l’argent liquide est devenu un véritable calvaire pour les clients.« Il y a beaucoup d’affluence dans les banques à cause de cette crise de liquidité. Les gens n’arrivent pas à accéder à leur argent au moment où ils en ont besoin. C’est un vrai calvaire. On est obligé de faire le tour de plusieurs banques pour retirer seulement quelques millions », déplore-t-il.
Depuis le début de la journée, ce client affirme avoir multiplié les tentatives dans différents guichets automatiques.« C’est ma deuxième tentative. J’ai déjà fait plusieurs guichets. Là je suis à Prima, devant une banque. Mais je n’ai pu retirer que 400 000 francs guinéens. Avec le plafonnement et le type de billets disponibles, certaines banques limitent même les retraits à 600 000 francs », explique-t-il.
Face à cette situation, ce citoyens estime qu’il est nécessaire de réfléchir à des solutions durables, notamment à travers la digitalisation des paiements. « Il faut mettre en place un système efficace et encourager la digitalisation de la monnaie pour réduire la dépendance au cash. Les services existent déjà, mais beaucoup de gens ne sont pas encore habitués à utiliser la monnaie électronique », ajoute-t-il.
Pour Diallo Amadou, également venu effectuer un retrait dans une banque de la capitale, la situation est préoccupante, surtout en cette période de forte demande.« C’est vraiment dommage. Je pense que l’État doit prendre des mesures pour régler ce problème de liquidité. On nous dit que c’est pour habituer les gens à la monnaie électronique, mais je pense que nous ne sommes pas encore à ce niveau », affirme-t-il.
Selon lui, la période actuelle rend la situation encore plus difficile pour les populations.« Nous sommes en plein mois de Ramadan et les gens ont besoin d’argent liquide pour faire leurs achats. La fête approche aussi. Si les commerçants refusent les paiements électroniques ou les dépôts, cela crée encore plus de difficultés pour les clients », explique-t-il.

Il appelle ainsi les autorités à s’impliquer davantage pour résoudre cette crise.« Le gouvernement devrait agir à travers la Banque centrale, soit en mettant davantage de liquidités à la disposition des banques, soit en encourageant les opérateurs économiques à effectuer plus de dépôts. Cela pourrait aider à améliorer la situation », suggère-t-il.
En attendant une solution durable, de nombreux citoyens continuent de parcourir les agences bancaires et les guichets automatiques dans l’espoir de retirer quelques billets, preuve que la crise de liquidité reste une préoccupation majeure pour les usagers du système bancaire guinéen.
Avec Africaguinee.com
