CONAKRY – Le gouvernement guinéen a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour 2026, désormais établies à 8,6 %, contre 9,5 % dans le budget initial. Dans le même temps, l’hypothèse d’inflation a été relevée à 5,2 %, contre 3,5 % précédemment, soit une augmentation de 1,7 point. Des révisions que l’exécutif justifie par la dégradation de la conjoncture économique internationale.
Dans son projet de loi de finances rectificative 2026, le gouvernement met notamment en avant les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la hausse des cours des matières premières et le durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux.
Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget souligne la persistance des incertitudes sur les perspectives de l’économie mondiale depuis l’adoption du budget initial. Les tensions au Moyen-Orient font notamment peser des risques supplémentaires sur les marchés énergétiques et les échanges commerciaux internationaux.
Selon les autorités, cette conjoncture contribue à la hausse des prix de plusieurs matières premières, ravive les pressions inflationnistes et entraîne un resserrement des conditions d’accès aux financements extérieurs.
Le pétrole, le gaz et les produits alimentaires sous pression
Alors que l’environnement économique régional avait été caractérisé par une relative stabilité macroéconomique, un recul de l’inflation et une amélioration des finances publiques, les nouvelles tensions extérieures risquent de compromettre cette dynamique, estime le gouvernement.
L’exécutif pointe particulièrement la progression des prix du pétrole, du gaz, des engrais et des produits alimentaires. Autant de facteurs susceptibles d’alourdir les coûts d’importation et d’accentuer les pressions sur les économies de la région.
Toutefois, le document budgétaire ne précise pas la contribution respective de ces différents facteurs à la révision des prévisions de croissance et d’inflation.
Le taux de change également révisé
Les nouvelles projections macroéconomiques portent également sur le taux de change. Le gouvernement retient désormais une hypothèse de change moyen de 8 710 francs guinéens pour un dollar américain.
Ces révisions s’accompagnent de plusieurs ajustements dans les prévisions budgétaires de l’État, notamment pour tenir compte des risques liés à l’évolution des cours internationaux de l’énergie.
913 milliards de francs guinéens pour stabiliser les prix du carburant
Parmi les principales mesures annoncées dans le projet de loi de finances rectificative figure une provision de 913 milliards de francs guinéens destinée au financement de la subvention de stabilisation des prix des produits pétroliers.
Cette enveloppe vise à permettre à l’État de faire face à la hausse des cours internationaux tout en préservant le prix du carburant à la pompe à 12 000 francs guinéens.
Cette intervention budgétaire vient s’ajouter aux pertes de recettes auxquelles les autorités consentent pour maintenir ce prix à la pompe, dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés énergétiques internationaux.
Gbassikolo.com
