BRUXELLES – Les ressortissants guinéens devront désormais faire face à des conditions plus strictes pour obtenir un visa Schengen. Le Conseil de l’Union européenne a annoncé, vendredi, une suspension temporaire de plusieurs facilités accordées jusque-là aux demandeurs guinéens, invoquant une coopération jugée insuffisante de Conakry dans le rapatriement de ses ressortissants en situation irrégulière.
La décision fait suite à une évaluation de la Commission européenne, réalisée à partir des informations communiquées par les États membres. Selon Bruxelles, la Guinée ne coopère pas suffisamment en matière de réadmission de ses citoyens faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire européen.
Fin de plusieurs avantages
Les nouvelles restrictions modifient sensiblement les conditions d’obtention des visas de court séjour pour les Guinéens.
Les consulats des États membres ne pourront plus délivrer de visas à entrées multiples aux demandeurs guinéens. Les facilités accordées jusqu’ici concernant les documents justificatifs sont également supprimées, ce qui signifie que les dossiers devront répondre à l’ensemble des exigences prévues par le Code des visas.
Autre changement notable : les détenteurs de passeports diplomatiques et de service devront désormais payer les frais de visa, alors qu’ils bénéficiaient auparavant d’une exemption.
Des délais de traitement multipliés par trois
Les demandeurs devront également s’armer de patience.
Le délai normal de traitement des demandes de visa passe de 15 à 45 jours calendaires, soit un triplement du temps d’attente, une mesure qui risque de compliquer les déplacements pour les voyageurs, étudiants, hommes d’affaires et autres demandeurs de visas.
Bruxelles met la pression sur Conakry
Pour l’Union européenne, ces restrictions ont un objectif clair : pousser les autorités guinéennes à améliorer leur coopération en matière de réadmission.
« L’objectif est d’inciter la Guinée à renforcer sa coopération dans ce domaine », souligne le Conseil de l’Union européenne, précisant que la Commission continuera à suivre l’évolution de la situation avant d’envisager une éventuelle levée des mesures.
Aucune échéance n’a toutefois été fixée pour la fin de cette suspension.
Une décision encadrée par le Code des visas
Le Conseil rappelle que cette mesure s’appuie sur les dispositions du Code communautaire des visas, qui autorise l’Union européenne à suspendre certaines facilités lorsqu’un pays tiers est considéré comme insuffisamment coopératif dans le retour de ses ressortissants en situation irrégulière.
La Commission européenne avait recommandé l’adoption de ces restrictions après avoir constaté des insuffisances dans la coopération avec les autorités guinéennes. Les États membres ont ensuite validé cette proposition, tout en indiquant avoir suivi de près les efforts entrepris par Conakry avant de prendre leur décision.
Cette mesure constitue un nouveau signal de fermeté de Bruxelles dans sa politique migratoire et pourrait avoir des répercussions importantes sur les voyageurs guinéens souhaitant se rendre dans l’espace Schengen, tant que les autorités guinéennes n’auront pas convaincu l’Union européenne d’une amélioration de leur coopération.
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