Mgr Robert Sarah en odeur de sainteté !

0 0 votes
Évaluation de l'article

Allah Akbar ! Mgr Robert Sarah, pour ne pas dire le seul prélat dans le bled, est en odeur de sainteté. Il n’est pas dans les périphrases et n’en fait pas des caisses dans ses mots. Il dit ce qu’il pense sans tartufferie ; et en homme religieux, il se préoccupe de l’altérité, du bien-être de la personne, de son prochain, peu importe l’appartenance religieuse ou philosophique de celui-ci.

Mgr Robert Sarah, qui m’avait accordé une interview dans LA LANCE à l’université de Foulaya (Kindia), quelques jours seulement avant son départ pour Rome, grâce aux instances du regretté Georges Tounkara ( Que Dieu le fasse miséricorde ! Amen), impose du respect de par sa culture, de par ses connaissances, de par sa vertu, de par détachement aux biens éphémères de ce bas monde.

Il n’est pas dans la comédie humaine, tant s’en faut ! Franc du collier, il souffre dans sa chair la souffrance des populaces, des misérables, des pauvres, des chômeurs, des sans emplois, de la jeunesse désœuvrée, des malades laissés-pour-compte. Adonc il dit leur souffrance. Il dit notre souffrance. Et ses remarques et interrogations, qui sont bien tournées dans son homélie du samedi 09 mai 2026, passent la rampe auprès de nous tous :

« Comment se fait-il que notre société guinéenne se meurt à vue d’œil ? Et pourtant, nos mosquées et nos églises sont remplies chaque jour. N’est-ce pas à cause de la dégradation de notre vie intérieure et morale, de la corruption, de la gabegie, du désordre de nos vies et de nos mentalités dans la bonne gestion du bien commun ? Est-ce que nous nous rendons compte que la gestion du bien commun est une vocation morale et spirituelle ? Sans morale, sans Dieu, notre pays ne se relèvera jamais. Il ira en se dégradant, en engendrant la peur, la pauvreté, la division et la haine réciproque. »

Tout est dit dans ces mots qui montrent que le prélat en question ne se fait pas tout à tous. Il n’est ni dans la complaisance ni dans le prosélytisme. Alors ! sans chercher pour autant à être sous les projecteurs, ses mots font le départ entre la réalité de la vie quotidienne des populaces et les « woba woba » ou propos illusoires de Brutus Doumbouya, le Parrain aux deux palais, soutenus par ses affidés qui illusionnent de faire de la Guinée-Conakry un « Paradis terrestre ». Le temps de tuer un âne à coups de figues et de regarder la plèbe crever la dalle.

Un jour, César Borgia dit à son mémorialiste Machiavel : « Régner, c’est faire croire des choses. »

Mais de nos jours où le monde est devenu un village planétaire, on ne prendra pas des vessies pour des lanternes parce que des flagorneurs s’escriment à faire passer l’hégémon pour un phénix qui a le toucher des écrouelles : « Brutus Doumbouya te touche, Dieu te guérit. » Ça ne prend pas ! Parce tout simplement les époques ne sont pas faits du même bois. Internet est là, la mondialisation est là, en outre l’intelligence artificielle est là. Ça ne prendra pas !

Bah Guérémassoye, l’archipatelin de la primature, l’œil narquois, jure ses grands dieux que dans cinq ans l’on se demandera si Cona-crimes, la fleur de pavé : « Est-ce une ville d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique ? Conakry va totalement changer » pour être la « vitrine pour l’ensemble des pays ouest africains ». Il fait des gorges chaudes à ceux et à celles que l’Express 2031 laissera à quai. Et dans cette perspective que Cona-cris, la maritorne, devienne à la date indiquée la porte d’entrée du « paradis terrestre » en Guinée, Brutus Doumbouya et son affidé, Djiba Diakité, se parent des plumes du paon avec l’inauguration du projet de Simandou en date du 11 novembre 2025.

A ce que l’on sache le développement doit concerner le pays dans son entièreté. Mieux, le développement de tout pays doit concerner au premier chef la jeunesse.

Me Abdoulaye Wade écrit : « Dis-moi quelle jeunesse tu as et je te dirai quel pays tu seras. »

Quelle jeunesse a-t-on, aujourd’hui, pour dire ce que sera la Guinée ? Dans les perspectives de développement du pays, il ne faut pas péter plus haut que son cul.

A date, la jeunesse guinéenne ne sait pas où donner de la tête. Elle a vidé les campagnes, les villes, le pays. Elle est désemparée, inquiète pour son devenir. Comment trouver sa pitance ? Comment épauler ses père et mère ? Sustenter la famille à vivoter ? Pour avoir du pain, le boulanger te réclame des espèces sonnantes et trébuchantes. Or c’est la croix et la bannière que de dégoter un boulot rémunérateur en Guinée. Les jeunes guinéens qui s’expatrient travaillent au pair au Maroc, en Algérie, en Tunisie. Ceux qui réussissent la traversée de la méditerranée débarquent en Espagne ou en Italie ou au Nicaragua avec des séquelles de traumatisme. La plupart d’entre eux sont victimes dans leur parcours d’exil de violences sexuelles. Beaucoup de jeunes femmes, victimes de droit de cuissage des passeurs, tombent dans le stupre. C’est la drogue, c’est le sexe. D’aucuns sont contaminés au VIH sida.

Mgr Robert Sarah n’exagère en rien en disant que la société guinéenne se meurt à vue d’œil.

Ça ne va pas en Guinée-Conakry ! Et on ne va pas aboyer devant le mauvais arbre : Brutus Doumbouya doit rendre le tablier. Son pouvoir est le gonfalonier de la corruption, de la gabegie, de la dégradation de la vie intérieure et morale des Guinéens, de la rapacité et de la vénalité dans l’administration guinéenne, des détournements de deniers publics, du clanisme, de la haine de l’autre, de l’injustice, de l’inquisition, des violences policières, des kidnappings, du musèlement de la presse, du piétinement des droits de l’homme.

Hey ko an ! arrête de déparler dans tes libelles. Tu as sûrement lu Franco Bernini qui a écrit « LE TRÔNE ». Dans ce livre, le tyran César Borgia dit à son mémorialiste ceci :

« Je vous demanderai de me louer avec plus de mesure. Et de ne pas faire mystère de mes défauts et défaillances. Tout est finesse, bien entendu. Ainsi ce que vous écrirez semblera-t-il équilibré. »

Et toi, tu te complais à couvrir le colosse de fleurs ! C’est toi qui avais juré, la main sur le crâne, de te retirer de la vie politique. Mais maintenant que tu es dans les petits papiers du colosse, l’on comprendrait aisément que tu reviennes dans la comédie politique. Sans t’enquiquiner avec des capucinades, l’on te demanderait tout simplement de prêter une oreille attentive à César Borgia et de prendre la mesure.  

Le colosse s’effile. Mais là n’est vraiment pas la question !…

A dire vrai, le colosse ne casse pas des briques. Il n’est pas taillé pour gouverner un pays même si tous les flagorneurs qui mangent dans sa main l’encouragent à régner. Que le colosse, devenant efflanqué chaque jour que Dieu fait, démissionne s’il est vraiment patriote, nationaliste ou panafricaniste ou tout ce que vous voulez !

Allabé Annabé ! respectez l’intelligence des gens qui vous lisent. Qu’est-ce à dire ?

Depuis le 5 septembre 2021, Brutus Doumbouya tient la Guinée-Conakry à sa merci. C’est lui et sa cohorte d’affidés qui tiennent les cordons de la bourse dans le bled.

Alors ! En quoi c’est méritoire pour Brutus Doumbouya d’avoir offert une bicoque où les confrères désorientés peuvent se retrouver pour se détendre les jambes et rêvasser ? L’argent qui a servi à acheter cette bicoque vient d’où ? De la poche de Brutus Doumbouya ?

Non et non ! Relisez Mgr Robert Sarah qui vous parle de « la bonne gestion du bien commun ».

Autrement dit c’est avec l’argent des contribuables, l’argent des Guinéens, l’argent du pays que Brutus Doumbouya a fait construire cette bicoque. On ne va pas se fendre mille fois de merci pour ça. Parce qu’avec une bonne gestion du bien commun en Guinée, la jeunesse n’aurait pas besoin de foutre le camp, de déserter le pays pour aller se chercher ailleurs. Avec une bonne gestion du bien commun, la Guinée serait doté d’un enseignement de qualité avec de bonnes écoles et de bonnes universités et de bonnes écoles de formations. Avec une bonne gestion du bien commun, on trouverait en Guinée des hôpitaux et dispensaires dignes de ce nom avec des équipements modernes et des pharmacies achalandées de médicaments efficaces et à jour. Avec une bonne gestion du bien commun, on aurait en Guinée des routes goudronnées et carrossables, de l’électricité 24h sur 24h, et de l’eau potable qui coulerait quotidiennement dans les robinets. Avec une bonne gestion du bien commun, les citoyens se feront moins plumés par les concussionnaires.   

Et puis !… Un peu d’honnêteté intellectuelle. Quand on parle de liberté de la presse en Guinée, de prime à bord, et c’est vrai, on pense au président Lansana Conté qui, tournant le dos au camp du misonéisme, avait accepté à l’époque le déploiement de la presse écrite privée dans Cona-cris. Ensuite, il y a ceux qui ont porté le combat de cette liberté de la presse. Et parmi eux, il faut citer en premier lieu Bah Mamadou de l’UNR, Diallo Souleymane, William Sassine,  Alassane Diallo dit Diomandé, Assan Abraham Keïta, Prosper Doré et Thierno Diallo, tous du satirique Le Lynx, Boubacar Sankarela Diallo de L’Evénement de Guinée, Aboubacar Sylla et Aboubacar Condé  du journal L’Indépendant.

Ah, non ! Toi, tu viens à la queue leu-leu. Pendant que ces gens se battaient pour la même idée, à savoir : la liberté de la pensée dans un cadre juridique, tu étais du côté du manche. C’est vrai que la presse écrite privée et indépendante est passée au laminoir avant aujourd’hui. Mais c’est à ces pionniers qu’il faut rendre hommage. Hommage à Boubacar Sankarela Diallo qui, le premier en Guinée, avait osé faire émettre une onde privée. Une cohorte de gendarmes avait débarqué pour le faire cesser d’émettre. Il avait été brutalisé, malmené, cuisiné des heures durant dans les locaux de la gendarmerie.

Diallo Souleymane avait été emprisonné à l’hôtel 5 étoiles de Coronthie pour avoir exprimé ses idées dans les colonnes du satirique Le Lynx.

Hé ! Il n’y a pas à flatter la vanité de qui que ce soit. Mais force est de dire que  dans le combat des idées en Guinée-Conakry, Diallo Souleymane est le gonfalonier d’une presse libre et indépendante. Ça a toujours été son credo… Donc, il ne faut pas occulter son nom dans les flagorneries face au pouvoir de Brutus Doumbouya.  

Diallo Souleymane s’est escrimé pour que la liberté de la presse ne soit pas un vain mot, des paroles en l’air en Guinée. Un esprit libre. Un débonnaire.

S’il est vrai que l’ambassade de France avait été la première à mettre la main à la poche pour payer le loyer de la maison de la presse à Cona-cris.

C’est ingrat de ne pas citer aussi Le Sid de l’UFR, Alpha Grimpeur du RPG qui avaient aussi contribué financièrement à payer de leurs poches ce loyer.

Doncou ! Il n’y a pas lieu de glamouriser Brutus Doumbouya parce qu’il a fait construire, avec l’argent tiré du « bien commun », une bicoque à Cona-cris pour les journalistes un tantinet désœuvrés.  

Didon, tu sais ! ce qui revient à l’esprit des Guinéens, c’est tes éditoriaux dithyrambiques à l’adresse du général président Lansana Conté et tes attaques ad personam voire ad hominem contre Alpha Grimpeur, à l’époque. L’on invente rien : les bandes sonores sont archivées à la RTG.

Bien sûr qu’il faut démasquer les imposteurs qui, dans le métier, entretiennent des collusions et font accroire à des pigeons que le combat de la liberté de la presse dans le bled a seulement commencé hier avec eux ! Faire la grande gueule ne fait pas d’un esprit captieux un individu probe. Et Moussa Scylla, le jeune protée, tiré de la poussière et bombardé ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat balaierait devant sa porte et se garderait bien de délabrer ou de démythifier les antiquailles, qui ont servi dans la bataille pour la démocratie en Guinée-Conakry, pour les beaux yeux du Bon Tyran.  

Benn Pepito           

    

guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments